Cantor de coral – estudo
Huile sur toile
33 × 25 cm
La relation entre la religion et le corps humain traverse tout l’œuvre d’Antonio Obá. Né en 1983, ayant initialement souhaité s’engager dans la prêtrise, Obá a trouvé dans la pratique artistique un moyen de conserver ses croyances catholiques tout en échappant aux règles et aux injustices de la religion organisée. Par l’art, il atteint un niveau de spiritualité élevé et plus ouvert qui lui permet d’imaginer une rédemption du corps noir (y compris du sien), qu’il libère des vestiges violents de l’esclavage et d’une érotisation réductrice. Dans son travail, il élève et illumine le corps noir en le faisant sortir d’une situation sombre de honte et d’exploitation pour le hisser à un état de dignité, de noblesse et de pouvoir.
Sur ce tableau, une aura lumineuse enveloppe la tête d’un jeune garçon qui, la bouche ouverte, s’apprête à libérer sous forme de sons les émotions qu’il ressent afin que d’autres les perçoivent. Certaines des musiques les plus puissantes sont nées des profondeurs de la souffrance humaine, et on ne sait pas vraiment si ce garçon émet un cri de résistance, de rébellion, de force ou d’avertissement, ou une combinaison de tous ces cris, issus de celui, primordial, qu’il a poussé en venant au monde. Parce qu’il met l’accent sur un seul chanteur, Obá empêche sa voix de se fondre dans le chœur, rendant ainsi hommage à l’importance de la contribution individuelle qui, trop souvent, se dissout dans le groupe.
Cette œuvre est conservée par la Collection Pinault et a été présentée pour la première fois lors de l’exposition « Corps et âmes », à la Bourse de Commerce, en 2025.
© Tadao Ando Architect & Associates, Niney et Marca Architectes, agence Pierre-Antoine Gatier. Photo : Nicolas Brasseur / Pinault Collection.
Vue de l’exposition « Corps et âmes », Bourse de Commerce – Pinault Collection, Paris, 2025.