Nan
Goldin

Nan
Goldin

Américaine, née en 1953


Figure désormais légendaire de l’art contemporain, Nan Goldin a joué un rôle révolutionnaire pour la photographie. Son esthétique, définie par le procédé du slideshow de diapositives, agrémenté d’une bande son voire d’une voix off ­– prouesse technique pour l’époque –, a déployé des thèmes en lien étroit avec les premières étapes de sa vie. Étudiante à Boston, Goldin se constitue un cercle d’intimes qui remplace la chaleur du domicile, fracturé par le suicide de sa sœur ainée à 18 ans ; Nan est alors âgée de 11 ans et quitte la maison 4 ans plus tard. Les personnes dont elle s’entoure ensuite à New York, à partir de la fin des années 1970, deviennent le véritable foyer de son œuvre. Elle en documente l’existence dans ses plus sombres recoins, suivant son évolution – marquée par la fête, la drogue, puis l’épidémie du sida – avec une crudité qui invite paradoxalement à l’empathie. L’appareil de Goldin est en effet admis près de scènes normalement dérobées aux regards du monde et loin du prestige de l’œuvre d’art. Il convertit la banalité des nuits de la jeunesse et des marges newyorkaises, et les décrépitudes qu’engendrent l’addiction ou la maladie, en symboles de souffrances générationnelles dont la puissance bascule rapidement dans l’universalité de la culture visuelle.