Soffio

1978

Terre cuite

150 × 72 × 65 cm

Soffio fait partie d’un ensemble plus vaste, commencé en 1977, autour de la relation du corps de l’artiste à l’espace à travers la manifestation de son souffle. L’œuvre prend la forme d’une grande amphore en terre cuite, portant à l’intérieur l’empreinte des jambes, du torse et de la bouche de l’artiste, comme si celui-ci avait, de toute sa hauteur, projeté son souffle dans un sac d’argile, enregistrant ainsi le déploiement de sa respiration.

Réalisée à partir d’un montage de moulages des différentes parties du corps de Penone – jusqu’à l’intérieur de sa bouche – et de modelages des volutes de la respiration, Soffio se veut l’incarnation même du souffle, dans sa physicalité, autant que dans sa symbolique mythologique. C’est le souffle de vie, à la fois anima et pneuma, responsable de la création de l’univers et de l’être humain, ainsi qu’une évocation du Zéphyr botticellien, clairement évoqué dans les dessins de l’artiste.

Soffio rend visible l’invisible, c’est une sculpture de l’énergie en train de se déployer, et manifeste la relation entre l’intérieur et l’extérieur : « Quand nous respirons, il y a un volume d’air qui retourne dans l’espace, différent du volume d’air qui nous entoure, et ce volume d’air est une sculpture – une sculpture qui dure un instant, mais qui est déjà une sculpture », a écrit Penone. La fragilité et la ductilité de la terre cuite répondent à celles de l’air, résonnant avec la fascination de Penone pour les ressemblances entre le travail spontané du corps et celui, intentionnel, d’un artiste : le corps « sculpte » l’air qui entre et sort à travers lui, comme les mains du potier façonnent une forme.

Expositions