Alpi Marittime

1968

Épreuves gélatino-argentiques noir et blanc teintées au sélénium sur papier fibre monté sur carton

Chaque photographie : 64 × 49,5 × 0,3 cm

Alpi Marittime est une série de six photographies retraçant les actions menées par l’artiste dans le bois familial à Garessio, près de Cuneo, dans le Piémont, entre 1967 et 1968. « J’ai tressé trois arbres (lier trois arbrisseaux ensemble) ; il continuera de pousser à l’exception de ce point (empoigner un tronc puis remplacer l’empreinte par une main de fer) ; l’arbre se souviendra du contact (y inscrire la silhouette de son corps en l’enlaçant, couvert de pointes) ; les années de ma vie reliées par un fil de cuivre (poser 21 poids de plomb, correspondant à l’âge de l’artiste, le long d’une ligne formée par l’empreinte de sa main) ; ma taille, la longueur de mes bras, ma circonférence, dans un ruisseau (former une piscine au creux d’un ruisseau à l’aide d’un cadre portant l’empreinte de son corps). » Chacune de ces actions vise à altérer la croissance d’un arbre ou la forme de l’eau par un geste simple, cherchant à fusionner le corps de l’artiste avec un corps non humain, créant ainsi une rencontre. C’est également une réflexion sur la sculpture : l’intervention humaine n’est jamais définitive, mais s’inscrit dans le cycle de symbiose entre l’humain et le végétal, l’arbre ayant commencé sa croissance avant l’intervention humaine et continuant à évoluer en portant les traces laissées par l’artiste. Cette œuvre se présente sous la forme d’une série de photographies accompagnées de descriptions manuscrites des actions ou de titres en plusieurs exemplaires. Trois de ces arbres sont devenus des sculptures à part entière : Alpi Marittime : Alpi Marittime - Ho intrecciato fra loro tre alberelli; Alpi Marittime - Albero, filo di zinco, piombo et Alpi Marittime - Mi sono aggrappato a un albero, représentant respectivement les trois jeunes arbres entrelacés, l’arbre portant les plombs correspondant à l’âge de l’artiste et celui que Penone a enlacé, le corps couvert de pointes. Ces arbres, photographiés dans leur évolution au fil du temps par Penone, ont été abattus en 1985 indépendamment de sa volonté, conservant ainsi les marques de son corps dans leur chair. Sortis de la forêt et exposés dans un musée, ils témoignent d’une identité qui oscille entre végétal et humain, à la fois arbre et sculpture, portant à la fois les traces de l’artiste et les reliquats de l’énergie végétale.

Expositions