Vigil for a Horseman

2017

Triptyque : huile sur lin

121 × 130,5 cm ; 160,5 × 200,5 cm ; 130,5 × 200,5 cm
Dimensions totales : 207 × 612,7 cm

« Le fait d’être noire ne m'a jamais semblé étranger. C'est pourquoi je n'ai jamais ressenti le besoin d'expliquer la présence de ce fait dans mon travail, pas plus que je n'ai ressenti le besoin d'expliquer ma présence dans le monde, aussi souvent me le demande-t-on. Je n'ai jamais aimé qu'on me dise qui je suis, comment je dois parler, quoi penser et comment le penser. Je n’ai jamais eu besoin qu’on me dise quoi que ce soit. Je tiens cela de ma famille. De génération en génération, nous avons toujours su qui nous étions. Être jugé par rapport à quelque chose qui n’a en réalité rien à voir avec vous ou votre expérience, un soi-disant supérieur autoproclamé, le fantôme de ce que vous devriez être… rien de tout cela n’a jamais eu de sens et pourtant, d’une manière ou d’une autre, on vit avec, on vit dedans. Mais l’idée de l’infini, d’une vie et d’un monde aux possibilités infinies, où tout est possible pour vous, sans être contraint par les fantasmes cauchemardesques des autres, avoir la présence d’esprit de marcher aussi librement que vous le souhaitez, c’est ce à quoi je pense le plus, c’est la direction dans laquelle j’ai toujours voulu aller. Suivre mon instinct et faire ce qui me chante m’a toujours semblé être la chose la plus radicale que je puisse faire. Il ne s’agit pas tant d’inscrire les Noirs dans le canon que de dire que nous avons toujours été là, que nous avons toujours existé, autonomes, en dehors des cauchemars et des imaginations, avant et après la “découverte”, et en aucun cas définis ou limités par celui ou celle qui nous regarde. »

Lynette Yiadom-Boakye

Expositions