Projet pour "La Cible" et "Le joli Mois de Mai"

1970

Dessin recto-verso ; Crayon, feutre et gouache sur papier.

72.5 x 54.5 cm

L’artiste belge Evelyne Axell se destinait à une carrière d’actrice quand en 1964, sous l’enseignement de René Magritte, elle s’initia à la peinture et au Surréalisme. A l’époque des grands bouleversements sociaux, du consumérisme et de la télévision couleur, Axell se forge un univers entièrement féminin à l’érotisme affirmé, qui transcende l'iconographie établie du Pop Art et se réapproprie le discours féministe de la Révolution sexuelle. L’artiste explore la tridimensionnalité en réalisant des reliefs de Plexiglas de couleurs vives, traités avec une peinture industrielle. La qualité onirique de ses « Opalines » enveloppe les figures féminines d’une aura d’ultra-modernité.
 

Projet pour « la cible » et « le joli Mois de mai » est constitué de  deux dessins préparatoires datant de 1970, dont les figures se retrouveront dans les œuvres en Plexiglas de cette même année (Le joli mois de mai et La Cible). Evelyne Axell explore ici les variations d’une même silhouette au recto et verso de la feuille : deux femmes nues côte-à-côte, partageant la chevelure psychédélique ainsi que le cerne vif qui délimite leurs contours. Elles ne se distinguent que par la paire de lunettes que porte celle au premier plan. Leur posture assise, les épaules relâchées, évoque autant les sit-in étudiants que les rassemblements hippies de la fin des années 60. Ces deux femmes – Axell et son double ? – affichent un homoérotisme serein, leur nudité étant l’expression d’une totale liberté d’être et de désirs qui échappe à l’objectification du regard masculin. Raillée par les censeurs de son temps, l’œuvre d’Axell illustre bien le slogan féministe d’alors ; « le privé est politique ».

Cette œuvre a été montrée pour la première fois par la Collection Pinault en 2023 au Couvent des Jacobins à Rennes, à l’occasion de l’exposition « Forever Sixties ».

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