No Pleasure from Machinery

2013

Huile sur toile

85 × 75 cm

Lynette Yiadom-Boakye peint des portraits de figures noires fictives, sans modèle réel. Ses œuvres s’inscrivent dans l’histoire de l’art du portrait, un genre noble par excellence, qui a longtemps servi à mettre en valeur le statut social de ses sujets. Dans cette tradition, les corps noirs ont été largement invisibilisés, le travail de Yiadom-Boakye contribue ainsi à combler ce vide de représentation.

Dans cette œuvre, un jeune homme, représenté à mi‑corps et tourné aux trois quarts, nous fixe d’un regard impénétrable. Sa posture et son expression reprennent les codes classiques du portrait tout en s’en émancipant : comme souvent dans ce genre, le portrait révèle une enveloppe charnelle tout en suggérant la complexité de l’intériorité du sujet. Ici, toutefois, le personnage, purement inventé par l’artiste, échappe à la fonction d’identification propre au portrait. 

Le titre, No Pleasure from Machinery, en français, « Pas de plaisir dans la machinerie », participe de l’ambiguïté caractéristique de l’artiste. Également poète, Lynette Yiadom-Boakye décrit ses titres comme des coups de pinceau : ils sont indissociables de l’œuvre mais n’en constituent ni l’explication ni la description. Comme dans l’ensemble de sa pratique, le sens n’est pas énoncé ; il se construit à travers l’expérience du regard.

Cette œuvre est conservée par la Collection Pinault et a été présentée pour la première fois lors de l’exposition « Corps et âmes », à la Bourse de Commerce, en 2025.

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