Mann im Wind II
Bronze patiné coulé
344,8 × Ø 236,2 cm
La boue qui entrave cet homme pourrait être la terre primordiale, celle à partir de laquelle les Hommes, les Golems et les Héros ont été modelés dans la mythologie, la littérature ou les religions. D’où vient le sentiment d’être embourbé ? Un dessin faisant partie des « September Notes » de 1989 pourrait nous aiguiller : sous des jambes prises dans la boue, Schütte a inscrit un néologisme, « MUDERN », hybridation entre modern [moderne] et mud [boue], la terminaison en –ern correspondant à un verbe à l’infinitif en langue allemande. « MUDERN » serait donc une action, celle de se dépêtrer du modernisme ? Pour en sortir, Schütte suggère de marcher dans la vase à marée basse, activité nordique qui porte le nom de Wattwanderung, titre que l’artiste a donné en 2001 à un ensemble colossal de 139 gravures suspendues, revisitant quasiment l’ensemble des thèmes de son travail et plaçant le visiteur au cœur d’un labyrinthe dont il faut se dépêtrer, comme l’artiste lui-même doit être en situation de lutte permanente contre l’ensevelissement.
Photo : Marco Cappelletti © Palazzo Grassi, Pinault Collection
Vue de l'exposition « Thomas Schütte. Genealogies », 2025, Punta della Dogana, Venise.