Unstretched Fragment, Clock
Encre et acrylique sur toile
44,5 × 66 cm
Les formes circulaires que Mira Schor nomme des orbes, « qui rayonnent et explosent », traversent sa peinture depuis ses débuts dans les années 1970. Elles incarnent à la fois la féminité et la souveraineté : leur puissance s’impose visuellement et symboliquement.
Si, dans ses œuvres antérieures, ces orbes renvoyaient souvent à une relation extatique à la nature, ceux des travaux récents acquièrent une tonalité plus inquiétante. Des orbes rouges et lumineux surgissent à l’intérieur d’espaces domestiques, explosent dans le ciel ou se retirent dans la surface picturale comme des trous noirs.
Avec cette œuvre, l’orbe se transforme en une horloge réglée à deux minutes avant minuit, position de l’horloge de l’Apocalypse lorsqu’elle fut réévaluée en 2020. Créée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, celle-ci vise à représenter la proximité d’une catastrophe mondiale, en particulier nucléaire. Cette horloge suggère ainsi un état d’urgence extrême, une menace imminente pesant sur l’humanité. Peinte en 2020, l’œuvre semble faire écho à un moment de suspension du monde, marqué à la fois par la mise en pause des activités et par une tension très forte.
Présentée sous la forme d’une toile non tendue, souple et flottante, l’horloge acquiert une dimension cosmique. Dans le même temps, Schor introduit une forme d’ironie en réactivant un motif abondamment mobilisé dans l’histoire de l’art.
Cette œuvre est conservée par la Collection Pinault et a été présentée pour la première fois lors de l’exposition « Corps et âmes » 2025.
© Tadao Ando Architect & Associates, Niney et Marca Architectes, agence Pierre-Antoine Gatier. Photo : Nicolas Brasseur / Pinault Collection.
Vue de l’exposition « Corps et âmes », Bourse de Commerce – Pinault Collection, Paris, 2025.