Sculpture-Lampe XII

c. 1970

Résine polyester colorée, ampoule et câble d’alimentation

63.5 x 35.6 x 19.7 cm

Les travaux d’Alina Szapocznikow sont avant tout des hybrides : à la fois visage, pétales, pénis en érection, les pièces refusent ainsi de se laisser enfermer en un état fixe, en une identité unique, existant : « À travers les empreintes du corps, j’essaie de fixer dans le polyester transparent les moments fugitifs de la vie, ses paradoxes et son absurde. Mon travail est difficile, la sensation éprouvée de façon immédiate et diffuse étant souvent rebelle à l’identification. Souvent, tout est embrouillé, la situation est ambiguë, les limites sensorielles sont effacées. »

Les œuvres de l’artiste mêlent aux éléments féminins des composants masculins, créent des continuités entre mécanique et organique, entre animal et végétal, les pièces ne parvenant pas à se situer ontologiquement : Alina Szapocznikow avait pour habitude de les désigner comme des « objets maladroits ». L’artiste appartient à une génération ayant renouvelé en profondeur la sculpture, à l’instar d’Eva Hesse, Paul Thek ou Lynda Benglis, par son recours aux résines synthétiques, autant que par son rejet des conventions modernistes sur l’identité, ou sur la différence entre l’outil et l’objet d’art.

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