The moral arc of history ideally bends towards justice but just as soon as not curves back around toward barbarism, sadism, and unrestrained chaos
Graphite et pastel sur papier
182,9 × 289,6 cm
Kara Walker mobilise volontairement des formes dites « faibles » ou « subalternes » comme le dessin, plutôt que la peinture. Elle arpente ainsi les traumas de l’histoire américaine, et plus précisément ceux laissés par l’histoire de l’esclavage et de la ségrégation.
Ce grand dessin, dont le titre peut être traduit en français par « L’arc moral de l’histoire s’infléchit idéalement vers la justice mais il ne tarde pas à se retourner vers la barbarie, le sadisme et le chaos effréné », agit comme une épopée macabre, en raccourci, des africains-américains : de la déportation esclavagiste et des crimes qui s’ensuivent, jusqu’au meurtre et au viol, puis, aux méfaits de la société ségrégationniste et des lynchages orchestrés par le Ku Klux Klan, société secrète terroriste suprémaciste blanche. Au fond, la figure de l’ancien président Barack Obama, adressant dans son célèbre discours A More Perfect Union (« Une union plus parfaite ») en 2008, peu de temps avant son élection la complexité de cette histoire dont il est lui-même un reflet. Au caractère non-fini du dessin s’associe la brutalité des faits historiques. L’exposition de ce dessin créa une vive polémique aux États-Unis, jusqu’au sein de la communauté artistique africaine-américaine.
Pour Kara Walker, mettre le public face à violence de la réalité historique demeure le seul moyen de se remettre de ce lourd passé.
© Tadao Ando Architect & Associates, Niney et Marca Architectes, agence Pierre-Antoine Gatier.
Photo : Nicolas Brasseur / Pinault Collection.
Vue de l’exposition « Corps et âmes », Bourse de Commerce – Pinault Collection, Paris, 2025.
© Tadao Ando Architect & Associates, Niney et Marca Architectes, agence Pierre-Antoine Gatier.
Photo : Nicolas Brasseur / Pinault Collection.
Vue de l’exposition « Corps et âmes », Bourse de Commerce – Pinault Collection, Paris, 2025.