Le souvenir d'un présent invisible (Genève d'hier, Genève d'aujourd'hui)
Table bouillotte et 4 éléments (1 livre, 1 magazine d’art, 1 pot de tabac République du Bénin, 1 couronne en laiton)
Dimensions totales variables
Sur une table dite « bouillotte », utilisée pour le jeu sous le règne de Louis XVI, repose un assemblage inscrit dans le vocabulaire artistique de George Adéagbo.
Le pot à tabac béninois, taillé dans l’épaisseur d’un bois sacré et orné d’une femme endormie, dialogue avec une petite couronne de laiton. Dans les sociétés yoruba d’Afrique de l’Ouest, la maîtrise ancienne de la métallurgie, attestée dès le XIIIᵉ siècle, était étroitement liée à la royauté, au sacré et au culte des ancêtres. Par métaphore, cette couronne ouvre un champ de résonances autour des formes de pouvoir et de souveraineté en Afrique de l’Ouest.
À proximité, la Muse endormie de Constantin Brancusi, inspirée par la statuaire africaine et reproduite en couverture de la revue d’art Die Weltkunst, est placée à côté de l’ouvrage Histoire mondiale de l’après-guerre de Raymond Cartier, exemplaire d’une écriture européenne de l’histoire mondiale.
L’artiste tisse des liens en tension, faits de frictions historiques, entre des objets issus de ses collectes. Comme des témoins silencieux, ils habitent ce plateau de jeu mystérieux.
Cette œuvre est conservée par la Collection Pinault et a été présentée pour la première fois lors de l’exposition « Corps et âmes » la Bourse de Commerce, en 2025.
Vue de l’exposition « Corps et âmes », Bourse de Commerce – Pinault Collection, Paris, 2025.
© Tadao Ando Architect & Associates, Niney et Marca Architectes, agence Pierre-Antoine Gatier.
Photo : Nicolas Brasseur / Pinault Collection.
© Adagp, Paris, 2025
Vue de l’exposition « Corps et âmes », Bourse de Commerce – Pinault Collection, Paris, 2025.
© Tadao Ando Architect & Associates, Niney et Marca Architectes, agence Pierre-Antoine Gatier.
Photo : Nicolas Brasseur / Pinault Collection.
© Adagp, Paris, 2025