Credit Smear

2012

Encre sur tissu, encre sur papier, plastique, béton, perruques, sac à main, silicone, oreiller, bois, vis, traiteau, chapeau

138 × 104 × 105 cm

Dans cette installation, des semblants de membres s’articulent, commençant de construire un squelette, couronné d’un visage maquillé, aux yeux bleus, canon exploité à outrance par le marketing occidental d’une certaine époque ; à moins qu’il ait d’autres visages, démultipliés. Un bras endommagé tient un chapeau, dont émergent les cheveux d’une perruque blonde. Un sac à main est tombé au sol, déchiqueté sous le poids d’un parpaing. À tourner autour de la sculpture, l’impression d’être près d’un corps s’évanouit, mais revient quelques pas plus loin. Avec cette structure anthropomorphe, Lizzie Fitch teste autant l’évidence de notre rapport à notre corps qu’elle souligne l’artificialité de notre perception et le culte des modèles et stéréotypes. L’ironie acerbe de son titre, qui renvoie directement aux notions de salissure et de corruption, alimente ce qui devient une réflexion sur le statut contemporain de l’authenticité ; ses pièges et ses vertiges, mais aussi sa nécessité. L’œuvre a été réalisée au moment de la crise des subprimes aux États-Unis, touchant de plein fouet une classe moyenne à qui le capitalisme débridé a vendu des rêves artificiels, les menant à leur perte.

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