From March to May

2020

Ensemble de 56 dessins
Crayons de couleur, encre de Chine et huile de lin sur papier imprimé

Dimensions totales (variables) : 162 × 846 cm

Dans les premiers mois de la pandémie de 2020, Tatiana Trouvé était isolée dans son atelier de Montreuil avec son chien pour seule compagnie. Le 15 mars 2020, deux jours avant le début du confinement en France, elle imprime la une du journal Libération portant le titre « Coronavirus : le jour d’avant » et dessine par-dessus. Chaque jour, pendant huit semaines, elle allait dessiner sur la première page du journal d’un pays différent : El País, La Repubblica, The New York Times, The Guardian, le South China Morning Post…

From March to May fonctionne comme un témoin de l’histoire collective de l’époque ; c’est une chronique de la peur, du désespoir, de la confusion, de la colère et de l’espoir qui furent alors ressentis dans le monde entier. Plusieurs dessins de Trouvé juxtaposent l’espace privé de son atelier avec des reportages dramatiques d’une époque où la réalité semblait dépasser la fiction. Dans d’autres, elle a dessiné des arbres, des animaux, des horloges, des globes et des diagrammes médicaux sur des gros titres et images violents. 

Les dessins transmettent l’impression d’isolement et de menace existentielle qui ont marqué la pandémie. Sur la première page du Times of India, Trouvé a dessiné une chauve-souris, source probable du coronavirus. Un dessin de son chien Lulu entoure la photographie d’une file de personnes observant la « distanciation sociale » alors qu’elles font la queue pour acheter de la nourriture. Sur la une du journal kényan The Star faisant état d’un possible remède à base de plantes, une vrille de feuilles pousse autour du gros titre.

Ces dessins du confinement suggèrent que tout est lié, que tout est enchevêtré : le privé et le public, l’individuel et le collectif, depuis les gènes mutants d’une chauve-souris jusqu’au destin de l’humanité.

Expositions