Torsione
Fer, futaine
229,8 × 186 × 29,8 cm
La torsion, qui représente l’application mécanique de deux forces opposées sur les deux côtés d’un objet, accumule de l’énergie dans le ressort qui peut être libérée. Anselmo a utilisé une épaisse moleskine en coton résistant et une barre de fer pour créer cette œuvre qui incarne l’énergie résultant de l’effort physique qu’il a déployé pour tordre le tissu et le fixer au mur. Le mur n’est pas utilisé pour accrocher une peinture en vue d’une contemplation détachée, mais agit comme une surface de résistance capable de maintenir l’énergie enroulée interne à l’objet physique. Cette œuvre impressionnante célèbre avec audace le geste et l’action, non pas pour en créer une représentation (comme dans l’action painting) ni pour les documenter (comme chez Lucio Fontana ou le groupe Gutai), mais pour exprimer leur potentiel. Bien que l’œuvre n’ait pas de lien direct avec son contexte historique de l’époque où elle a été exposée pour la première fois à la galerie Sperone au début de l’année 1969 (avant une autre version, ultérieurement détruite, exposée à « Op Losse Schroeven. Situaties en Cryptostructuren » à Amsterdam la même année), Turin était en proie à un conflit social, marqué par des manifestations et des grèves d’ouvriers. L’essence de la vie est ici perçue comme un continuum de torsion et de relâchement, un mode de résistance constante, une forme de mouvement, telle une batterie.
© Tadao Ando Architect & Associates, Niney et Marca Architectes, agence Pierre-Antoine Gatier.
Photo : Nicolas Brasseur / Pinault Collection.
Vue de l’exposition « Arte Povera », Bourse de Commerce – Pinault Collection, Paris, 2024.